L'antisémitisme en france en 2002 - Réunion à Paris, au BATACLAN le 5 juin 2002
La République menacée
l'antisémitisme en france en 2002
Réunion à Paris, au BATACLAN le 5 juin 2002.

" Notre voix ne se donne pas,
elle se fait entendre "

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Cette réunion a été organisée par un certain nombre d'associations juives :
(ABSI - KEREN-OR,UPJF, B'NAI B'RTH de FRANCE, LE COLLECTIF VÉRITE,J'ACCUSE, Le JGE, Le RAG),
regroupées en un COLLECTIF CONTRE LES EXTRÉMISMES

 

Elle était destinée à faire connaître aux candidats aux élections législatives de la capitale, à l'exception de ceux d'extrême- droite et d'extrême gauche, les inquiétudes et les préoccupations de la communauté juive.

Ces préoccupations portent, notamment, sur les problèmes d'insécurité, dus à la recrudescence d'actes antisémites en France ainsi qu'à la vague de judéophobie véhiculée par certains intellectuels et certains partis politiques, sous couvert d'antisionisme plus ou moins engagé.

Répondant à l'invitation du collectif, plusieurs candidats, représentant l'ensemble des grands partis de droite et de gauche, accompagnés de leurs proches collaborateurs, ont participé au débat.

Parmi ceux-ci, citons :

Maryse ARDITTI (Verts)
Patrick BLOCHE (Parti Socialiste)
Jean Christophe CAMBADELIS(Parti Socialiste)
Claude FAIN(UDF)
Guy FLESSELLES(UDF)
Nicole GUEDJ(UMP)
Philippe KARSENTY
Jean Marie LEGUEN(Parti Socialiste)
Pierre LELLOUCHE (UMP)
Corinne LEPAGE(CAP 21)
Jean Pierre PIERRE BLOCH(UDF)
Georges SARRE(PREP)
Claude Annick TISSOT(UMP)
Jacques TOUBON(UMP)
François ZIMERAY(Parti Socialiste député européen)

La soirée a commencé à 21heures par une table ronde entre les intellectuels :

Avec William GOLDNADEL, Marc KNOBEL, Pierre André TAGUIEFF, Jacques TARNERO, Shmuel TRIGANO.

Cette table ronde, animée par le journaliste Clément Weill Raynal, portait sur l'ensemble des thèmes de la soirée : Nouvelle judéophobie, antisémitisme d'extrême gauche et d'extrême droite, actes et manifestations d'antisémitisme, attitude des médias…. Après cette table ronde, les responsables du collectif :
" Messieurs Baruch,Giaoui, Fagienbaum, Lalou, , Taieb"
ont, chacun, fait connaître, par une brève allocution, leurs points de vue sur la situation actuelle et ont remercié les candidats d'avoir bien voulu venir répondre aux interrogations de l'assistance. Dix questions, regroupant ces interrogations, ont été distribuées à tous les candidats et posées par Gil Taieb, au nom du COLLECTIF, à sept d'entre eux, représentant les principales formations politiques à la tribune :

Mesdames Corinne Lepage, Nicole Guedg, Messieurs Patrick Bloche, Claude Fain, Jean-Pierre Pierre Bloch, Pierre Lelouche et Georges Sarre.

Ces questions étaient les suivantes :

1 - Lorsque les manuels scolaires prônent le négationnisme de l'état d'Israël, lorsque les enfants sont endoctrinés dans la haine du juif au sein même de l'école, lorsque les adolescents sont transformés en bombe humaine, lorsque l'appel au meurtre est scandé par l'imam officiel de la télévision palestinienne, Trouvez-vous normal que la France soit sur tous ces points silencieuse, alors que cette même France aurait protesté avec fermeté partout ailleurs ?

2- Pensez-vous que le double langage de Yasser Arafat puisse servir la paix au Proche Orient ? Si vous êtes élu (e) que comptez-vous faire pour le lui signifier?

3 - Êtes-vous prêts (es) à condamner les attentats suicides perpétrés en Israël comme des attentats terroristes et non à les considérer comme des actes patriotiques ?

4 - Êtes-vous prêts (es) à vous déclarer pour la candidature d'Israël à l'union européenne ? Ce qui d'une part récompenserait la seule démocratie du Proche Orient et donnerait un poids autrement considérable à l'union européenne.

5 - Depuis 2 ans, la communauté juive subit des agressions antisémites sans précédent depuis la 2éme Guerre Mondiale. Dans les manifestations pro palestiniennes souvent initiées par les partis d'extrême gauche, des représentants de partis politiques établis défilent au milieu de banderoles et d'individus Proférant des slogans ou des propos antisémites. Des représentants d'organisations terroristes connues se trouvant même dans les cortèges. Cette situation est une atteinte grave à notre république. Elle est intolérable. Mesdames et Messieurs les candidats, quelles dispositions comptez-vous prendre pour une recherche systématique des auteurs d'agressions antisémites et leur condamnation et pour une interdiction de toute présence de terroristes dans notre pays ?

6 - L'exportation du terrorisme via les réseaux Ben Laden ou extrémistes palestiniens est une plaie du 3ème millénaire dans le monde occidental. Pourrez-vous penser à une loi qui interdirait l'apologie de tels actes par des tiers individuels ou associatifs ?

7 - Il devient de plus en plus difficile pour la communauté juive de se réunir pour célébrer une manifestation favorable à Israël sans le soutien des forces de l'ordre. Pouvez-vous nous faire part de votre projet pour une meilleure protection des individus et de leurs opinions ?

8 - Êtes-vous favorables à une loi d'une plus grande sévérité à l'encontre des actes antisémites ?

9 - L'antisémitisme n'est plus seulement l'apanage de l'extrême droite. Il devient, sous couvert d'un antisionisme délirant, une des caractéristiques des partis d'extrême gauche qui véhiculent et cautionnent tous les dérapages judéophobes. Ces deux extrêmes du paysage politique français sont une négation de notre république Comptez-vous Mesdames et Messieurs les candidats, faire en sorte qu'aucune alliance et aucune compromission de quelque nature que ce soit, ne puissent exister avec ces partis d'extrême droite ou de gauche, que ce soit entre les deux tours des élections législatives ou dans tout autre événement futur de la vie politique française ?

10 - A propos du Parti Musulman de France :
Une question sur la forme : quelle est sa légitimité constitutionnelle au regard des valeurs républicaines ? Une question sur le fond : quel est le poids d'une telle formation sur le plan européen ?


Les réponses suivantes ont été données :

MADAME CORINNE LEPAGE :
Avant de répondre aux questions, je souhaiterai faire une remarque d'ordre général. On peut prendre toutes les mesures possibles et voter des lois. Mais tant que dans ce pays certains penseront ce qu'ils pensent d'Israël, tant que l'information sera faite comme elle est faite, et je veux saluer ici le travail important qui est fait par Monsieur Weill Raynal, notamment en ce qui concerne l'AFP, je crains que les lois que nous voterons n'auront qu'une efficacité relative. Pour répondre maintenant à la première question j'estime qu'il n'est pas normal que la France reste silencieuse.

Au niveau moral, parce que notre pays a toujours défendu une vocation universaliste, les droits de l'homme et les valeurs et que nous sommes en présence d'une inversion de ces valeurs.

Au niveau politique parce que nous évoluons à très court terme. Je trouve surprenant que les leçons de l'histoire soient si mal tirées. Lorsqu'on attaque Israël on oublie que derrière ce pays, c'est le monde occidental qui est attaqué par le terrorisme. Lorsqu'on attaque les juifs, c'est toute la civilisation occidentale qui peut être mise en cause. Par conséquent, je crois qu'il est très important d'expliquer, de se battre pour la tolérance et non pour la division. Je suis étonnée de la manière dont les choses sont traitées. Je souhaiterais que la politique globale de la France soit discutée et modifiée. Mais cela est très difficile. Il faut voir, en effet, les choses en face, être réaliste, et reconnaître qu'une grande partie de l'opinion française, de gauche comme de droite, est d'accord avec cette politique pro arabe. Tous les gouvernements appliqueront la même politique.

UN SPECTATEUR :
Faut-il alors quitter la France ?

MADAME CORINNE LEPAGE :
Non, je ne quitterai pas la France parce que j'aime mon pays. Je veux continuer à m'y battre pour défendre mes idées, celles dans lesquelles j'ai été élevée, celles de la république française : Égalité Liberté, Fraternité.
( Applaudissements )

MADAME NICOLE GUEDJ :
Je souhaiterai d'abord répondre à la sixième question.
Je suis porte-parole de l'UMP. Lors d'une interview, le Président de la République a été très clair sur le sujet : Il n'y aura aucune alliance entre l'UMP et l'extrême-droite ni aucun rapprochement d'aucune sorte. Tous les candidats de l'UMP, qui oseraient penser à ce rapprochement et le feraient d'une quelconque façon, seraient exclus. Si certains membres de l'UMP ont tenu des propos différents, c'est à titre personnel. Monsieur Lepeltier est revenu sur ses propos.
Je demande donc qu'on ne tienne compte que de ce qu'ont dit le Président de la République et les porte-parole de l'UMP : Il n'y aura aucune alliance avec l'extrême droite.

MONSIEUR JEAN-PIERRE PIERRE-BLOCH :
La première question me surprend. La France est silencieuse depuis longtemps parce que sa politique extérieure a choisi le camp arabe. Certains parlementaire, de droite comme de gauche, s'efforcent de faire passer un message diffèrent et d'influer sur cette politique. Je me suis élevé contre celle-ci, à diverses reprises, à l'assemblée nationale, mais mes interventions n'ont jamais été diffusées à l'extérieur. C'est pourquoi je suis étonné de votre étonnement quant aux positions de la presse. Je suis étonné que vous continuiez à acheter le Monde ou Libération. Je suis étonné que vous continuiez à regarder FR3. Je suis enfin étonné que les Chefs d'entreprise juifs continuent à passer de la Publicité dans ces journaux. Chacun pourrait garder son argent pour autre chose. Je suis candidat. Pour être élu, je n'ai pas besoin du Monde, j'ai besoin de vous. Quand je constate que certains candidats dans ma circonscription, la dix-neuvième, et des candidats de l'UMP appellent Madame Bachelot pour les soutenir, contre moi, je me pose des questions.

MONSIEUR CLAUDE FAIN :
Je pense en ce qui me concerne que la France ne changera de discours que lorsqu'il n'y aura plus de pétrole en Arabie. Je suis scandalisé lorsque le Président de la République est le premier chef d'état à se rendre immédiatement à New-York après les attentats du 11 septembre, lorsque MAM va immédiatement à Karachi après qu'un car de français ait sauté, et que je constate qu'aucun haut responsable de l'État français, pas même le Ministre des Affaires Etrangères ne se déplace en Israël après des attentats sanglants. Si je suis élu, je ferai des aller- retours en Israël chaque fois que cela sera nécessaire. Mais j'espère bien sûr qu'il n'y en aura pas besoin.
( Applaudissements )

MONSIEUR PIERRE LELOUCHE :
Je suis très inquiet de ce qui se passe car je sais que beaucoup de juifs ont la main sur la valise. Je reviens d'une manifestation, avec Serge Klarsfeld, pour le soixantième anniversaire de la déportation des enfants juifs. Soixante ans après, comme l'a dit un des intervenants, Israël joue sa peau. Soixante ans après, on assiste à des violences antisémites contre des personnes, des biens, et des lieux de cultes. Sachez que je suis lucide ; cette situation est très grave. Nous ne sommes plus face au même antisémitisme, ce n'est plus seulement celui de l'extrême droite. Sous cet angle là, on ne peut pas dire que la France est antisémite. Lorsque Jacques Chirac ou Lionel Jospin disent au monde que la France n'est pas antisémite, ils ont raison car cela cause un préjudice important à notre pays. L'antisémitisme, que nous connaissons est sans rapport avec celui des années trente. La question est plus complexe : D'une part, une minorité de la jeunesse maghrébine de France, pour laquelle le creuset républicain n'a pas fonctionné, trouve dans la cause palestinienne le moyen de s'identifier. D'autre part, les médias français ont complètement repris à leur compte la diabolisation de l'Etat d'Israël. J'entendais récemment l'information suivante rapportée dans ces termes par France Info. " Aujourd'hui a eu lieu une opération- martyre à Tel Aviv, il y a eu dix-huit morts, le kamikaze compris. " On a donc repris la terminologie de l'idéologie du Hamas : Il ne s'agit pas d'une opération terroriste mais martyre, il n'y a pas dix-sept morts mais dix-huit, le kamikaze n'étant pas un terroriste mais un martyr. La politique française, en dehors de la période de la guerre en Algérie où nous combattions les Arabes, a toujours était pro arabe. L'antisémitisme a changé de camp. A l'ancien antisémitisme s'est ajouté un nouveau au nom de l'antisionisme. Au nom de l'anti racisme vous pouvez être un antisémite ordinaire et l'afficher. On retourne aux années trente où on ne cachait pas son antisémitisme. La classe médiatique, phagocytée par les soixante-huitards, a fondu une idéologie " gaucho-verdo-pro-palestienne- pro-arabe, pro-terroriste ". Des citoyens défilent, parfois d'anciens collègues à l'assemblée nationale, avec des membres des verts, de l'extrême gauche, qui défendent le terrorisme palestinien, la destruction d'Israël au milieu de cris de " mort aux juifs ". Cette situation est donc très grave. Les derniers juifs dociles sont morts à Auschwitz. Je n'ai ni l 'intention de quitter la France, ni l'intention de….

MONSIEUR CLEMENT WEILL-RAYNAL :
Vous dénoncez les violences antisémites dans les rues, dans les banlieues, l'idéologie gaucho-verdo, etc. …. Mais il y a aussi des idéologies dans les ministères, et dans les palais nationaux. Nous savons que vous avez conseillé Jacques Chirac en matière de politique extérieure et que vous êtes un de ses proches. Or, il y a un divorce entre Jacques Chirac et la communauté juive. Aussi, je voudrais vous faire réagir sur un dernier incident. L'Élysée, par voie de presse, a fait savoir publiquement que Jacques Chirac avait tancé Ariel Sharon au téléphone, lui reprochant les prises de positions de certains de ses ministres, membres de son gouvernement, qui s'étaient émus des actes antisémites en France, que vous dénoncez. Jacques Chirac a même était menaçant. Il aurait dit qu'une telle campagne ne saurait se poursuivre sans conséquences. Je souhaiterais savoir quelles pourraient être ces conséquences et ce que vous pensez de la réaction de Jacques Chirac.

MONSIEUR PIERRE LELOUCHE :
Je souhaite que vous fassiez une différence entre Jacques Chirac, chef de la diplomatie française et Jacques Chirac et la communauté juive. Vous ne devez pas oublier que Jacques Chirac, dès son élection, a pris deux initiatives importantes, l'une en Bosnie, et surtout celle du discours du Vel d'Hiv reconnaissant officiellement la responsabilité de l'Etat Français vis à vis des juifs, il y a soixante ans. Cela n'avait pas été possible de l'obtenir de son prédécesseur. Personne ne pourra jamais l'oublier. Il faut, pourtant, que nous ayons le courage intellectuel de reconnaître que la politique du gouvernement de la France en matière extérieure, que le gouvernement soit de droite ou de gauche, ne présente aucune différence depuis la fin de la guerre d'Algérie. Le sujet n'est donc pas là. Le sujet est essentiellement de démontrer que cette politique est contraire aux intérêts de la France pour plusieurs raisons : les Etats Arabes respectent ceux qui ont le courage de contester leurs positions. On ne gagne rien à accepter d'emblée la position de l'adversaire. Il faut être capable de parler aux deux parties comme Bush. Je me suis déjà évertué à démontrer qu'il n'y avait aucune raison d'être prochinois et anti-taiwanais. De la même manière, il n'y a aucune raison d'être pro-arabe et obligatoirement anti-israëlien. Dans une situation aussi tendue que celle du Moyen-Orient, il faut être capable de parler et de commercer avec les deux parties, y compris en matière d'armement. J'ai participé avec Monsieur Léotard à la conclusion d'un marché de ventes d'armes à Israël. Il n'y en a eu qu'un, il est vrai, mais c'était un début.

MONSIEUR CLEMENT WEILL-RAYNAL :
Monsieur Lelouche, ma question n'était ni une attaque contre l'Élysée ni contre vous-même, c'était une question de journaliste. La communauté juive souhaite savoir ce que pense l'Élysée, quel est l'état d'esprit du Président de la République. A propos du dernier incident, je repose la question à Nicole Guedg, porte-parole de l'UMP.

MADAME NICOLE GUEDJ :
J'ai bien compris que le journaliste faisait son métier et nous allons faire le nôtre et prendre nos responsabilités. Il y a des confusions et des amalgames à ne pas faire. Il faut rester calmes, garder son sang froid et trouver des solutions qui puissent répondre aux préoccupations des juifs quant aux thèmes de cette soirée et à Israël. En ce qui concerne la position de Jacques Chirac vous avez évoqué la présence, dans sa campagne, de Madame Bachelot, comme porte-parole, avec les idées que nous lui connaissons. Je pense qu'il faut encourager le fait que Jacques Chirac ait pensé à désigner, avec d'autres et des membres de son gouvernement, Nicole Guedj, comme porte-parole de l'UMP. Tout le monde connaît les engagements de Nicole Guedj pour défendre la communauté juive et Israël. Je crois que cette initiative est un signe fort qu'il faut encourager et que les politiques et les journalistes devraient faire preuve d'un peu d'objectivité et d'honnêteté intellectuelle. Il faut défendre un Président de la République, qui dit de son pays qu'il n'est pas antisémite, à ceux qui incitent les juifs de France à quitter le territoire, qui leur demande de changer d'attitude et qui affirme que la France est un pays où l'on peut vivre sans crainte. Je comprends la position du Président de la République et j'appelle les juifs de France à ne jamais déserter notre pays. Nous sommes bien en France, et nous devons défendre nos intérêts ce que, personnellement, je fais.

MONSIEUR PATRICK BLOCHE :
Je vais être très scolaire. On peut, en effet, s'exprimer au moyen de pétitions de principe mais ce n'est pas le but recherché. Pour répondre à la première question, il est exact que la France est silencieuse.
Depuis les années soixante, les gouvernements passent, les ministres changent, la politique extérieure de la France reste la même. Il faut aller au-delà de ce constat, qui fait accepter ce qui n'est pas acceptable. Pour que la France ne soit plus silencieuse, la seule solution est la restauration de l'autorité politique de l'Etat sur l'administration du quai d'Orsay. Il faut que le chef de l'Etat, le chef du gouvernement et le ministre des affaires étrangères, décident, en toute indépendance, ce que sont les intérêts de la France dans cette région du Moyen-Orient. Les Français en général, et les juifs en particulier, car il n'y a pas que les juifs qui considèrent que la politique de la France est déséquilibrée, auront ainsi une réponse à leurs questions. Je suis socialiste. Je dois rappeler que l'homme politique français, qui en a payé, sur place et à son retour, le prix, et qui a été le premier dans sa fonction de Premier Ministre à avoir le courage de condamner le terrorisme est Lionel Jospin. Je ne voudrais pas qu'on l'oublie.
Quand j'entends Pierre Lelouche, je voudrais aussi lui rappeler qu'il y a aussi des parlementaires de droite pro palestiniens ou pro arabes. Quant à sa phrase sur Auschwitz, je veux dire qu'il ne faut pas oublier et bafouer la mémoire de tous les résistants juifs.

MONSIEUR CLÉMENT WEILL-RAYNAL :
Monsieur Bloche, vous représentez le parti socialiste. A ce titre, je voudrais vous poser une question. Le 7 octobre 2000, juste devant le Bataclan s'est tenue une manifestation pro palestinienne à l'appel du PS, des verts de la ligue des droits de l'homme, et du MRAP où a été crié le slogan " Mort aux juifs " . Le PS, les Verts et la Ligue des Droits de l'Homme n'ont condamné ces propos que quatre jours après. Y a-t-il un fort courant pro palestinien qui se développe au PS avec des dérapages antisémites ? Êtes-vous inquiets ? Quelle est votre analyse ?

MONSIEUR PATRICK BLOCHE :
J'affirme, et je suis bien placé pour le faire, que le parti socialiste n'a jamais appelé à la manifestation du 7 octobre. De plus, je suis suffisamment agressé dans ma circonscription électorale par les pro palestiniens pour que cela le confirme, si besoin était. L'évolution pro palestinienne du parti socialiste est un mythe et une manipulation. Le parti socialiste, dans le champ politique français, est un parti pro israélien. Il maintient une position équilibrée vis-à-vis d'Israël et des palestiniens qui est bien connue : Le droit des Palestiniens à un Etat indépendant et le droit d'Israël à vivre dans des frontières sûres et reconnues.

LA SALLE :
Et Boniface ? , et Villepin, et Védrine ?

MONSIEUR PATRICK BLOCHE :
Monsieur Boniface est un militant de base au parti socialiste sans aucune responsabilité. Monsieur Villepin est Ministre Des Affaires étrangères.

MONSIEUR CLÉMENT WEIL-RAYNAL :
Dès les premiers jours de l'Intifada, il y a eu un communiqué du quai d'Orsay selon lequel la visite d'Ariel Sharon était à l'origine du déclenchement de l'Intifada. Les Palestiniens ont ensuite reconnu eux-mêmes qu'ils avaient, bien avant, préparé l'Intifada et la préparation des enfants figurant dans le film diffusé le confirme. Ariel Sharon n'y était pour rien. Ce communiqué est-il une erreur ? Il figure toujours dans les archives du quai d'Orsay. Il n'a pas été modifié. Quelle est la position du parti socialiste ? .

MONSIEUR PATRICK BLOCHE :
Il ne faut pas confondre la politique du Ministère des Affaires étrangères et l'analyse du parti socialiste. Le PS n'a pas fait de communiqué et sa position n'est pas celle du quai d'Orsay. Le PS a toujours considéré que l'Intifada a été déclenchée par les Palestiniens et non par la visite de Monsieur Sharon. Monsieur François Zimmeray membre du PS, peut en témoigner.

MONSIEUR FRANÇOIS ZIMMERAY :
Vous m'avez demandé de répondre plus particulièrement à la question européenne. J'ai encore devant les yeux les images du film que vous avez passé sur Durban et ensuite sur l'éducation donnée aux enfants palestiniens. Cette éducation inculque la haine d'Israël et incite ces enfants et ces jeunes au martyr et au djihad. Ces incitations sont financées par l'Europe et le contribuable européen. Cela est plus grave encore que la violence, car c'est aussi la violence de demain et d'après demain. Cette éducation palestinienne est un crime contre les victimes, contre la paix, contre toutes nos valeurs et celles de l'Europe. A Bruxelles, à Strasbourg, de sommets en sommets, de conseils en conseils, Israël est accusé, jugé, condamné et sanctionné. Le dernier épisode est cette résolution honteuse demandant la suspension de l'accord d'association entre l'Europe et Israël. Cette sanction économique a été votée par cela même qui demandent la levée de l'embargo contre l'Irak, au motif qu'on ne condamne pas un peuple au nom des actes ou des turpitudes réelles ou supposées de ses dirigeants. Ce sont les mêmes qui ont voté cette résolution et on en trouve dans tous les partis de l'union européenne.

MONSIEUR PIERRE LELOUCHE :
Je veux préciser que cette résolution a été votée sur l'initiative des Verts, je crois même sur celle de Monsieur Cohn-Bendit et du groupe socialiste à l'assemblée de Strasbourg. Le PPE, le groupe RPR et Démocratie Française, et je l'ai vérifié, n'ont pas voté ce texte. Ceci est très important. Si Israël posait sa candidature à l'Union Européenne, il ne faudrait pas que ce soit après une suspension de l'accord de libre échange entre l'Europe et Israël, due au fait que l'armée israélienne mène des opérations légitimes de représailles en Cisjordanie.

MONSIEUR FRANÇOIS ZIMMERAY :
Cette résolution a été adoptée par une majorité comprenant des membres de tous les partis, y compris du mien, et par ceux-là mêmes qui se disent des amis d'Israël. Nous évoquions tout à l'heure les problèmes concernant l'éducation des palestiniens qui vont à l'encontre de nos valeurs qui sont celles d'Israël. Il y a en effet une communauté de valeurs entre celles de l'Europe et celles de l'Etat Hébreu. Il y a également une communauté d'intérêts entre l'Europe et Israël. Je voudrais, à cet égard, citer deux événements très importants, dont on parle peu : Un travail très important se fait actuellement dans une convention présidée par Monsieur Valéry Grisard d'Estaing et qui peut déboucher : Soit sur les Etats-Unis d'Europe, qui donneraient au continent une puissance politique mondiale Soit au maintien d'un espace économique.
L'autre événement a trait à l'élargissement de l'Union Européenne à cinq, dix ou douze pays faisant partie de l'Europe historique. Cet élargissement va poser des problèmes en termes de flux migratoires et d'intégration. Or, ces enjeux qui sont les nôtres ont été ceux d'Israël. L'Etat Israélien a su développer un engineering, un savoir-faire et des politiques intelligentes et innovantes en termes d'intégration. Comment avoir fait d'immigrants russes ou éthiopiens, des citoyens à part entière d'Israël, alors que nous ne sommes pas capables, dans notre pays, d'organiser un match de football qui se passe bien !
(Applaudissements)

Je veux dire qu'Israël a su penser un mode d'intégration d'immigrants de diverses nations dans le creuset national. L'Europe de l'élargissement peut s'inspirer de ce savoir-faire. Si l'Europe veut être une grande puissance, elle doit aussi développer une politique d'éducation performante dans les langues et les nouvelles technologies. Israël a mené des actions adaptées et bénéficie d'une expérience dans ces domaines, et notamment celui des aides aux entreprises dans l'informatique de pointe. Dans le domaine spatial et la lutte contre le terrorisme, l'Europe peut également bénéficier de l'expérience israélienne. L'adhésion à l'Europe est aussi l'intérêt d'Israël. L'Europe est un espace de paix depuis plus de cinquante ans alors que la France et l'Allemagne s'étaient, jusque là, fait la guerre vingt six fois depuis François Ier. Cette adhésion étendrait la paix européenne jusqu'au Moyen-Orient. L'adhésion d'Israël est aussi de la responsabilité de l'Europe. Si la responsabilité historique a un sens elle nous commande de tendre la main à Israël. Si nous déplorons, tous les jours, à longueur de temps, des résolutions, rien ne serait advenu si l'Europe n'avait pas persécuté ses juifs pendant des siècles. Est-ce le bon moment ?
Il n'y a pas de meilleurs moments pour tendre la main à Israël, pour offrir cette perspective, pour rappeler cette communauté de valeurs, pour forcer un nouveau regard sur Israël. Mais si c'est à l'Europe de faire la proposition à Israël, c'est à Israël de décider.
Nous ne sommes pas des israéliens en exil, et les israéliens ne sont plus des européens en exil. C'est à eux de se déterminer pour un ré-ancrage à l'Europe ou un encrage au Moyen-Orient, dans un marché commun local, lorsque la paix viendra. Notre intérêt est de faire la proposition. La paix adviendra et elle aura les couleurs de l'Europe.

MONSIEUR GEORGES SARRE :
J'ai répondu spontanément et avec plaisir à l'invitation qui m'a été faite parce que depuis un an, les juifs français se sentent seuls au milieu de la communauté nationale. Il m'a semblé important de venir débattre avec eux. Les intervenants précédents, du premier carrefour, par la qualité intellectuelle et les informations données dans certains cas, n'ont pas manqué d'impressionner la salle et les personnes à la tribune. Je veux dire à ce propos que nous connaissons le prix du fascisme et du nazisme. Mais c'est la première fois depuis, alors que la France traverse une crise morale, économique et sociale, que sont commis dans notre pays, de façon organisée ou spontanée, des actes antisémites inqualifiables, qui doivent être condamnés avec force. C'est la première fois, et dans le même temps, que, dans l'esprit et dans l'air de la période- André Taguieff et d'autres ont raison- il y a quelque chose en France et en Europe qui rappelle les années 30-40. Pour répondre à la première question concernant les livres scolaires, je dirai qu'il ne peut y avoir de protestation sélective. Cela vaut pour cela comme pour les droits de l'homme. Il y a des principes et il faut s'y tenir. Les ouvrages scolaires remis aux enfants palestiniens forment et préparent pour demain des terroristes. Cela va de soi. Il est choquant que ces livres d'école soient financés par l'Union Européenne. Il faut qu'elle les contrôle.
Pour répondre à la deuxième question, je dis, en conscience, qu'il est clair que la responsabilité d'Arafat est grave d'avoir refusé les propositions du gouvernement Barak. Celui-ci était allé au bout de ce qu'il pouvait faire. Ce n'est pas un double langage de la part d'Arafat, c'est un double comportement. Sur la troisième question, les attentats suicides sont des actes terroristes et doivent être condamnés comme tels. C'est un préalable à toute reprise des discussions entre israéliens et palestiniens.

La Salle : dites-le à la radio.

MONSIEUR GEORGES SARRE :
Je le dirai à la radio.
Sur la quatrième question, je n'ai vu nulle part ni dans les journaux israéliens ni dans des entretiens avec les plus hauts responsables israéliens, ni à la commission des affaires étrangères de l'assemblée nationale, de demande d'Israël d'adhérer à l'Union Européenne. Mais il est important que la France agisse et elle en a les moyens, pour qu'Israël, comme cela est espéré par les six-cent mille francophones qui y vivent, soit dans la communauté francophone. Sur la cinquième question portant sur les agressions antisémites, j'ai été peut-être le premier à appuyer la demande légitime du président Cohen qui souhaitait la création d'une cellule de vigilance et de surveillance de l'information, et surtout du suivi de toutes les affaires, pour s'assurer que les auteurs des attentats soient poursuivis, arrêtés et jugés. Ce que je constate, c'est qu'il y a peu d'arrestations et peu de condamnations. C'est donc une question de volonté politique. Quant à la sixième question, nous serons tous unanimes pour condamner Ben Laden et les réseaux. J'ai avec mes amis soutenu l'intervention américaine. Pour ce qui concerne une loi interdisant l'apologie de tels actes, je pense que nous disposons déjà d'un arsenal juridique considérable. Là encore, pour traduire en actes ce qui existe dans les textes, il faut une volonté politique. Je voudrai répondre à la question relative au parti musulman de France parce qu'il y a un candidat qui se présente dans la circonscription. Il faut savoir que s'il se présentait sous ce nom, ce serait anticonstitutionnel. Il a donc pris celui de Parti des musulmans de France. C'est un mouvement ultra minoritaire qui, né en Alsace, joue un rôle extrêmement négatif et n'a réussi à rassembler que trois mille personnes à Strasbourg. Il vient pour la première fois à Paris, pour s'y s'implanter. Une action vigoureuse pour empêcher que des candidats se présentent sous des labels ethniques ou religieux, .voir

MONSIEUR CLÉMENT WEILL-RAYNAL :
Je voudrais poser à monsieur Sarre une question qui n'est ni polémique ni dirigée contre lui. Jacques Tarnero a fait état tout à l'heure d'un article paru dans Le Monde, signé par Edgard Morin, Sami Nair et Danièle Salenave. Les extraits cités sont une véritable diffamation ethnique et religieuse du peuple d'Israël et du peuple juif. Or, Sami Nair est membre du MDC, votre parti.
Y a-t-il selon l'interlocuteur, un de ses représentants qui soutient une thèse voir ?
Que comptez-vous faire à l'égard de Sami Nair ?

MONSIEUR GEORGES SARRE :
Je ne suis pas comme Janus et n'ai pas deux visages.
Je ne suis pas l'ami de la communauté juive depuis ce matin. Cela fait bien longtemps que j'ai d'excellents rapports avec elle et les plus hauts dirigeants israéliens. Je condamne cet article que je découvre, et ceux qui l'ont signé. Je dénonce aussi le journal qui a accueilli ce papier. La question viendra à l'ordre du jour des instances du MDC. Je ne la laisserai ni dans l'ombre ni dans le silence.

MONSIEUR PIERRE LELOUCHE :
Je vais répondre à la question des organisations terroristes tolérées en France et à la répression des actes antisémites. Sur le premier point, j'ai demandé, il y a plusieurs mois le gel des avoirs des organisations terroristes en France, Hamas et Hesbollah. Il n'y a eu qu'une ligne de l'AFP. Si la loi sur ces organisations était appliquée, leurs représentants ne pourraient se trouver à Paris et le quai d'Orsay devrait se déterminer. Sur le second point si je suis élu, je demanderai la convocation d'une commission d'enquête sur les actes antisémites et le gel des avoirs des organisations terroristes. Concernant la répression de ces actes, il y a de toute évidence un problème de volonté politique, mais aussi de droit. Notre législation punit très bien les appels à la discrimination. Elle protège des profanations de sépultures. Elle permet à un jeune beur de signaler au 114 le fait de ne pouvoir entrer dans une discothèque. Mais cela ne coûte pas plus cher de taper sur un homme portant une kipa que de voler un portable, d'attaquer une synagogue que de s'attaquer à une boulangerie. Je me suis livré à un petit travail juridique ayant pour objet de doubler les peines lorsque l'intention raciste ou antisémite est démontrée dans toute atteinte aux biens ou aux personnes ou aux lieux de culte. La comparution directe devra être possible pour les mineurs de 15 ans. Ce texte sera envoyé au Président de la République, au garde des sceaux. Je le ferai signer par mes collègues et je provoquerai un débat national. Mais il faut aussi faire preuve de dialogue et de pédagogie en discutant chaque fois que cela est possible avec les musulmans modérés comme l'imam de Marseille ou celui de la grande mosquée de paris.

MADAME CORINNE LEPAGE :
Je compléterai les préconisations de Pierre Lelouche par une obligation de poursuivre du parquet dans un certain nombre de cas où les infractions sont avérées. Lorsque des manifestations sont filmées, on ne peut pas sérieusement affirmer qu'on ne peut pas poursuivre. Ce n'est pas vrai. Mais on arrive ainsi à considérer que ces actes sont des banalités. Je crois aussi beaucoup à l'outil financier. On assiste à des détournements de subventions de collectivités publiques à des associations culturelles vers des associations cultuelles, subventions que la loi interdit. Il ne faut plus donner d'argent à des gens qui veulent détruire la société française. Des contrôles étroits de cet argent doivent être exercés. Concernant le Parti des Musulmans de France, des juristes doivent trouver les moyens d'éviter que le contribuable ne finance par le biais des lois de financement public des mouvements de cette nature.

MONSIEUR PATRICK BLOCHE :
Il faut effectivement parfaire la loi. Mais il s'agit surtout de volonté politique de l'administration, des policiers et magistrats voir. Il faut qu'ils aient des instructions claires. Au conseil de paris un débat sur l'initiative de Bertrand Delanoe s'est tenu sur le refus de la banalisation de ces actes. Le premier acte de refus est la parole, le débat, la prise de responsabilités et la manifestation. La manifestation du 7 avril entre république et nation était une nécessité pour les élus. J'y étais avec mes amis socialistes. De même, nous participons ce soir à une manifestation pour l'application de la loi républicaine.

MONSIEUR GEORGES SARRE :
Je considère que ces manifestations avec des drapeaux, comme celui du Hamas ou d'autres, ne sont pas acceptables. Il y a des règles. Les étrangers doivent respecter les lois de la république. les autres doivent être politiquement combattus Pour ce qui concerne l'action contre ces actes, c'est au garde des sceaux d'envoyer des instructions écrites au parquet pour que la police fasse des efforts contre ceux qui sont vus et connus. Je suis sur que les renseignements généraux possèdent des listes précises de ceux qui se sont livrés à des exactions au cours des manifestations.

MADAME NICOLE GUEDJ :
Sur l'arsenal juridique, en tant que juriste, élue communautaire,, future députée, je me battrai pour que des lois appliquées aux faits que nous combattons, soient justes et adaptées aux réalités actuelles des actes antisémites. Personne à cette table ne peut dire le contraire. En conclusion, je voudrais faire une mise au point. Nous avons été invités ce soir, non pas pour nous exprimer en notre nom mais en celui des formations politiques que nous représentons. Ce qui m'a gênée, et je veux le dire, c'est que certains d'entre nous se sont exprimés parfois en leur nom parfois au nom de leur formation parce que peut-être, à certains moments, ils étaient obligés de parler en leur nom du fait que leur parti avait pris des positions condamnables qu'ils ne pouvaient pas défendre. Aussi, je dis qu'au niveau de la méthode, il ne faut avoir qu'un langage et comprendre aujourd'hui pourquoi nous avons été invités et pourquoi nous sommes venus.

MONSIEUR CLAUDE FAIN :
Dans ma profession de foi, si je suis élu, je m'engage à soumettre immédiatement au parlement et à lui remettre en mémoire la déclaration de l'homme et du citoyen, qui est le fondement essentiel de nos valeurs et de notre nation. Je voudrais que toute la France les relise et la comprenne et qu'elle soit affichée dans toutes les classes des écoles du pays. Les lois et les sanctions sont aujourd'hui inadaptées à notre société. La nouvelle assemblée nationale a le devoir de les revoir en priorité. Quant à l'Europe, j'estime qu'il faut retarder l'entrée de certains pays de l'Est qui sont incapables d'intégrer les valeurs économiques, civiques, culturelles et cultuelles que représente aujourd'hui l'Europe. Lorsqu'on fera également entrer la Turquie, c'est 25 millions de musulmans qui entreront en Europe et 25 millions de personnes qui n'auront pas de travail. Je suis pour ma part opposé à cette adhésion.

MONSIEUR JEAN-PIERRE BLOCH :
Je ne suis pas un juriste mais seulement un pragmatique.
Si on avait immédiatement réagi, il y a deux ans, lorsque des gens, dans des manifestations pro palestiniennes criaient mort aux juifs et qu'ils n'étaient pas de nationalité française avaient été expulsés du territoire national, nous n'en serions peut-être pas là. Si je suis réélu député, je demanderai de façon ferme au nouveau gouvernement d'expulser immédiatement des imams de nationalité étrangère qui prêchent la haine dans les mosquées. Il faut savoir que dans la circonscription de la Goutte d'or, il y a des imams dans des mosquées intégristes qui terminent leurs prêches par " mort aux juifs ".

Après cette dernière intervention, monsieur Gil Taieb, au nom du Collectif contre les extrémismes, a remercié les candidats d'avoir répondu à son invitation et accepté de répondre aux questions de la communauté juive. Il a rappelé à l'assistance que la soirée avait à la fois l'objectif de faire connaître les positions des grands partis mais aussi les candidats dans leur individualité et leur sensibilité.

La réunion a pris fin à minuit.

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