A la synagogue de Copernic, le Président C. BLOCH, Mme D. CHARBONEL et l'ensemble du comité.
"Israël-Tsahal, face aux nouveaux défis de
la désinformation"

Tel était le thème de la soirée organisée le 10 mai dernier à l'ULIF par l'ABSI - Keren-Or. Gil Taïeb a ouvert les débats en souhaitant à tous les participants qu'ils puissent "sortir de cette soirée, avec plus d'éléments de réponse, plus forts, plus unis, face à l'agression que nous subissons les uns et les autres tant dans les médias, que de la part du monde politique, quant à leur regard porté sur Israël. "
 Un pari sans aucun doute gagné, entre autres, grâce aux interventions des trois invités de marque, Yahiel Gozal, attaché militaire de l'ambassade d'Israël, Igal Palmor, chargé de cornmunication à l'ambassade également et Clément Weill-Raynal, journaliste à France 3 et président de l'Association des Journalistes Juifs de la Presse Française. Au cours de cette soirée, l'ABSI - Keren-Or a également projeté un film réalisé par l'association en Israël, et qui montre les soldats dans leurs affrontements quotidiens avec les Palestiniens.
L'émotion suscitée par ce film fut grande, tant le film est percutant, démontrant à quel point la désinformation est de taille. Enfin, la soirée a permis de remettre 240.000,00 F à l'ABSI - Keren-Or, une somme constituée en partie par un don de 100.000,00 F décidé par le Conseil d'Administration de l'ULIF, et en partie par le fruit de la vente de Talith. Ces derniers étaient issus d'un lot de 400 châles, qui, lors d'un voyage organisé par l'ABSI - Keren-Or, avaient recouvert le Kotel, le Mur des Lamentations. Cette somme permettra, d'une part, la création d'aires de repos pour les soldats dans les bases militaires. Equipées de lits, d'une télévision, d'un frigidaire etc., elles sont d'une grande utilité. Cette somme contribuera d'autre part à attribuer des bourses à des soldats issus de milieux défavorisés, souvent soutien de famille, pour démarrer ou reprendre des études après leur démobilisation. Des moments riches en émotion et en informations.
Pour débuter la soirée, c'est Yahiel Gozal qui a pris la parole. Il a dressé un tableau complet de Tsahal aujourd'hui, en termes de budget, mais également en termes humains. Puis, Igal Palmor a présenté la situation aux frontières Nord d'Israël, dans les territoires palestiniens et les pressions exercées sur Israël dans ces deux zones. Un bref récapitulatif qui lui a ensuite permis de pointer du doigt la désinformation à laquelle se livrent les médias et les politiques, et qui a servi d'introduction aux explications très claires sur ce sujet de Clément Weill-Raynal. Igal Palmor s'est ensuite intéressé à la situation dans les territoires palestiniens, remontant pour ce faire aux accords de Camp David du mois de juillet 2000. Ehoud Barak est alors décidé à faire de grandes concessions historiques, requises pour mettre fin au conflit : 97% de la Cisjordanie restituée aux Palestiniens pour la création d'un état indépendant, partage de souveraineté sur Jérusalem etc... En rejetant les propositions de Camp David, Arafat sent alors qu'il perd le soutien international; il doit alors le regagner. Il déclenche des violences, s'attendant à ce que la couverture médiatique penche du côté des "faibles" contre "les forts" et à l'heure de 'l'info spectacle", il y parvient... L'exposé se terminera par des exemples concrets de désinformation, issus de l'actualité la plus proche, traçant une ligne nette, jamais évoquée par les médias, entre ce qu'il convient d'appeler des "manifestations" en territoires palestiniens autonomes, jamais réprimées, et les agressions à l'aide de pierres et d'armes à feu contre les postes militaires ou le long de la frontière, qui elles conduisent parfois à des tragédies.
"Je suis sûr que certains d'entre vous se sont demandés à un moment donné : ne sommes nous pas dans le mauvais camp? Je vous le confirme, ce n'est pas qu'un sentiment légitime de Juif qui aimerait qu'Israël soit correctement traité, il y a bien une désinformation dans la presse française à l'égard d'israël. "
Les dés sont jetés d'emblée par Clément Weill-Raynal, qui prend alors les rênes d'un débat à la tournure didactique intéressante. Dans un premier temps, il s'agit pour le journaliste expérimenté, qui, rappelons?le, travaille pour une chaîne publique, de donner une définition efficace du phénomène.
"La désinformation ne consiste pas à dire des choses fausses, ce serait trop simple. Le principe, c'est de mélanger le vrai et le faux, d'instiller une dose infinitésimale de faux dans du vrai. A mentir, on est vite démasqués. Le travail de base d'un journaliste consiste à recevoir énormément d'informations età n'en restituer qu'une pari à la fin de la journée. Et c'est souvent dans cette omission que réside la désinformation". Puis, l'intervenant rappelle que "l'information", est une "marchandise", un circuit économique, des circuits de distribution etc. et que les médias grand public ne sont que le réceptacle d'une désinformation qui, en fait, vient d'ailleurs. Il détaille le rôle joué par les agences de presse, et notamment par l'Agence France Presse (AFP) à l'origine de 80 à 90 % des informations mises en images et en son par les médias franÇais. Pourtant, l'AFP a une obligation légale d'objectivité, d'équilibre, d'exactitude. Paradoxalement, souligne Clément Weill-Rayrial, son président est élu par un "collège presse" et par un "collège gouvernemental", et l'Etat est présent dans son "financement", car la moitié des abonnements émane de l'Etat, des collectivités locales, des entreprises publiques ou para publiques... "L'information est donc fournie clé en mains par l'Etat, il n'y a plus qu'à la mettre en forme", n'hésite-t-il pas à conclure. Il terminera alors par un "cas d'école", dont nous ne donnerons que les premières "salves de tirs": le rapport de la Commission Mitchell, vu par l'AFP, à la veille de sa remise. On sait alors déjà, officieusement, que cette commission, dont le but était de déterminer l'origine de l'Intifada, est parvenue à la conclusion qu'elle est sans lien avec la visite d'Ariel Sharon sur l'Esplanade des Mosquées. Et pourtant l'AFP titre : "rapport de la Commission Mitchell, dont la mission est de déterminer l'origine des violences déclenchées par la visite controversée dAnet Sharon sur l'esplanade des Mosquées... ". Et le lendemain de récidiver : "le rapport Mitchell recommande l'arrêt de toute colonisation juive".
C'est tout ce qu'elle en aura retenu...
Yaël Scemama
(extrait)

Activités